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Lily'n'Dwine

I Want To Be The Girl With The Most Cake

April 2 2013, 21:54pm

Posted by Lily'n'Dwine

Si on reprend tout depuis le début, on le savait.

 

Surtout moi en fait.

 

Et quelques uns.

 

Quand on a 20 ans, vous vous en foutez pas mal. Mieux, vous en rigolez. Tout semble plus fun à 18. Quand la trentaine se pointe, c'est tout de suite moins fendard.

 

Déjà, il y a un gamin au milieu. Et on aimerait bien ne pas tout foirer comme d'habitude. Et puis aussi parce qu'on regarde évoluer les autres et qu'eux, ils s'en sortent bien. C'est cool pour eux. Mais ça nous remet juste à notre place.

 

Mais putain, connasse, c'est pas ça le problème. On le sait. On est pas si con.

 

Le problème, c'est nous. Juste nous.

 

Borderline. Peur irraisonnée de l'abandon, boulimie/ou anorexie, conduites à risque, sexualité chaotique, excès en tout genre (sexe, alcool, etc...), difficultés avec l'intimité et la proximité, actes impulsifs autodestructeurs...

 

Aujourd'hui, j'ai passé une bonne journée : J'ai tenté le diable et j'ai gagné. Quand on le tente à 6h du mat' à peine passé, il y a toujours une jouissance en ouvrant les yeux et en s’apercevant que tout va bien. Les pieds touchent le sol et l'air pénètre les poumons. On est vivant. J'ai l'art des trucs cons dans ce domaine.

 

Je ne gagnerai pas toujours. Je ne suis pas éternelle. Et les choses sont beaucoup mieux posées ainsi. J'aime savoir qu'un jour, je perdrai.

 

Presque 33 et j'ai toujours l'impression que demain, je serai orpheline, abandonnée de tous et surtout des miens. Mes problèmes de bouffe se sont résorbés mais uniquement parce que je compense dans d'autres domaines. L'intimité, je gère mieux depuis que je suis avec quelqu'un. Les excès sont plus facilement gérables aussi. Ne sachant pas être autre chose que la femme d'un seul homme lorsque je suis amoureuse, mes besoins sexuels ne sont pas un problème. Au contraire, la fidélité a ce côté je-ne-sais-quoi d'aphrodisiaque. Ce qui règle pour l'instant le côté "chaotique" de la sexualité. Ceci dit, ce côté-là a le mérite de ne m'avoir jamais fait psychoter. Mieux vaut ça que pire. Quant à l'alcool, je n'y pense jamais. Il faut bien avoir quelques vices...

 

Au fond, ce qui reste vraiment c'est la colère Je ne suis pas une colérique de nature. Mais il y a en moi, tant d'angoisse. Et de colère.

 

Contre la société qui nous vend de la merde en la banalisant. Qui nous a mis dans une situation, pour la plupart, où il n'y a pas d'autre choix que de s’enchaîner à un boulot merdique ou vivre "à la clodo". Qui nous restreint dans nos réalités. Qui nous vomit direct dans les viscères de la matrice.

 

Contre nos parents qui nous ont jeté délibérément -ou pas- dans cette situation de merde. Sans parler de nos pères qui nous ont détruit bien sur. A ce sujet, quoique les parents fassent, ils sont dans le faux. Juste pour l'exemple, les enfants de divorcés ne veulent pas se marier par peur de reproduire l'échec. Quant aux enfants issus d'un mariage pérenne, ils se refusent à s'engager de peur de faire moins bien. Nous, les gosses, nous avons peur de l'engagement sous toutes ses formes. Sauf si c'est un truc facile à se défaire (ex : le pacs) sans douleur et trop de larmes. Quelques fous ont tout de même essayé. En vain. 
Un jour, je me marierai. Un peu pour faire chier les gens. Un peu parce que c'est à contre-courant. Un peu parce que j'aime me faire des frayeurs. Un peu parce que je crois à la famille. Un peu parce que je suis folle.Un peu parce que c'est romantique - et que ça, ça fait bien chier les gens qui pensent que t'es rien qu'une vieille cynique. Et ça, même si c'est avec des plans arrangés pour tes 50 ou 60 ans  : ça fait encore plus chier les gens !

 

Contre les congénères de ma génération. La majorité vivote en bouffant de la merde. En regardant de la merde. En disant de la merde. En pensant de la merde. Trop bien dans l'univers factice d'où ils tirent leurs subsistances pour se poser la moindre question. Alors bien sur, tels des êtres humains, ils ressentent une angoisse. Légère, l'angoisse. Qui s'efface avec un putain de match de foot ou un coup de shopping online. Se plaignant de la société de consommation qu'ils chérissent aux creux de leurs bras, qu'ils nourrissent à leurs mamelles. Suçant avidement ce qui les encule. Ass to mouth. Mentant, trompant pour se donner un semblant de contrôle. RIDICULE.

 

Plus de modèle, plus de standard. Nous sommes allés trop loin. C'est foutu.

 

Il y a une chose encore plus ridicule, pire que cette colère et cette angoisse. Il y a le fait que, par pudeur peut-être, par connerie sûrement, personne n'ose en parler à personne. Et chacun s'enfonce dans le merdier de son esprit.

 

La faute est à personne, la faute est a tout le monde. Il n'en reste pas moins que nous sommes une génération de dégénérés, d'alcoolos, d'infidèles, de menteurs dont nous sommes les premières victimes. Car en se mentant à nous-même, nous nous sommes trahi.

 

 

 

Alfred Kubin (1877-1959)

Alfred Kubin (1877-1959)

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